ARSP : Miguel Kashal laisse une institution gangrenée par le clientélisme

ARSP : Miguel Kashal laisse une institution gangrenée par le clientélisme

Nommé en 2022 à la tête de l’ARSP, Miguel Kashal quitte une institution profondément affaiblie, gangrenée par des soupçons de favoritisme, de clientélisme et de gestion taillée sur mesure pour un cercle d’intérêts privés.

Pourtant, la mission première de l’ARSP — en tant qu’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé — était claire : encadrer la sous-traitance afin de protéger les entreprises congolaises, promouvoir l’entrepreneuriat national et favoriser l’émergence d’une véritable classe moyenne économique en RDC.

Mais au fil des années, l’institution s’est progressivement éloignée de cette noble mission pour devenir, aux yeux de nombreux observateurs, un véritable réseau de privilèges au profit de quelques proches du pouvoir administratif.

Des marchés attribués à des entreprises liées à ses amis, à certaines de ses copines et à des sociétés créées sous prête-noms… voilà l’image que retiendra une grande partie de l’opinion publique de ce mandat controversé. Pendant que des milliers de jeunes entrepreneurs congolais peinaient à accéder à la sous-traitance ou à obtenir la moindre opportunité dans le secteur privé, certains proches du DG semblaient bénéficier d’un traitement VIP permanent.

L’ARSP devait être un instrument stratégique de régulation, d’équité économique et de promotion du contenu local dans la sous-traitance privée ; elle est malheureusement devenue, sous cette gestion, un outil de copinage, de favoritisme et d’enrichissement personnel dénoncé par une partie de l’opinion. Une dérive inquiétante qui a fortement terni la crédibilité de l’institution et éloigné davantage les Congolais de l’espoir d’une véritable justice économique.

Heureusement, le Président de la République a fini par intervenir avant que cette structure stratégique ne sombre totalement dans le fossé de la mauvaise gouvernance. Mais le départ ne suffit pas. Le peuple congolais attend désormais des audits sérieux, des enquêtes indépendantes et surtout des sanctions exemplaires si les faits dénoncés venaient à être établis.

L’Inspection Générale des Finances et la justice sont aujourd’hui attendues au tournant. Car un pays ne se construit ni sur les réseaux d’amitiés, ni sur les privilèges sentimentaux, ni sur des marchés arrangés entre copains, mais sur le mérite, la transparence, la compétence et l’égalité des chances pour tous les entrepreneurs congolais.

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